Feli Xita

Biographie

Le goût du sel sur les lèvres, la peau qui chauffe sur les rochers, la chaleur et la Méditerranée. Telles sont les images qui surgissent en écoutant les chansons de Féli Xita.

 

La musique de Feli Xita est née, avant tout, d’un éveil des sens. C’est le corps qui danse dès l’enfance sur les refrains pailletés de Dalida. L’oreille plongée aussi bien dans les punchlines que ces ritournelles françaises que Feli Xita, en pure autodidacte, reproduit sur le vieux piano familial, dans le Sud de la France dont elle est originaire. C’est là qu’elle va composer ses premières mélodies, « piano-voix tout d’abord : conserver le format chanson était le plus important. Le reste, c’est comme une robe qui doit tomber naturellement. » Des arrangements qu’elle drape, en compagnie de son frère, à l’instinct, cherchant comme en peinture la nuance idéale, la bonne texture. Le résultat explose de lumière, entre couleurs fauves ou primaires. Celle, d’un blanc pur, des Nunuages qui ne font que souligner le soleil du plein été, titre d’un premier single torride en forme d’explosion de sensualité. Celle des tommettes qui réchauffent Les Maison du Sud, aux échos faussement naïfs d’une chanson d’Alain Souchon. Les dorures du clavecin de Cabriole, « parce que le baroque, c’est l’exubérance, la passion qu’on s’autorise. » Et un fil rouge : l’hédonisme, l’amour et la gourmandise, le plaisir de la fête comme celui de la sieste . « Je zigue et je zague dans mes désirs d’azur vague » : chante Feli Xita dans Je Stream, d’une voix comme encore griffée de sommeil qui s’entrelace à un beat déjà si préssé ; un contraste à l’image de cette « oscillation qui nous bouscule tous, explique t’elle, entre la « fast life » et la contemplation qu’on devrait s’offrir. »

 

Dans les chansons de Feli Xita, les images font des danses qui vont des films de la Nouvelle Vague à la liberté débridée de ceux de Bertrand Blier, des beautés animales de Et Dieu Créa la Femme à celle, solaire, des filles habillées par Simon Jacquemus. Une beauté sans filtres, qu’elle célèbre dans Belle Belle Belle : « tout le monde a envie d’être pimpé sur Instagram… Mais restons libres, modère t’elle. Il y a des jours où on a envie d’être une bombe, et d’autres où on a la flemme. L’essentiel est d’être au plus près de ses intentions. Du moment où l’on est sincère, on est jolie. »

On séduit : là aussi, Feli Xita envisage le désir, le dialogue entre les corps et les cœurs comme un terrain de (ré)création. Garçons, filles, on n’est peut être pas du même coté du terrain mais on peut jouer ensemble: c’est tout l’objet de J’aime les gars, reprise espiègle et moderne de Jacques Dutronc. Un ancien monde qui embrasse le nouveau: c’est peut-être ça, la musique de Feli Xita. Des textes ciselés sur des et des corps qui chaloupent, une voix alanguie nous révèle une comédie d’aventure. Une nouvelle vague qui déferle sur l’époque : sucrée, salée.