Sébastien Tellier

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Biographie

L’Aventura, c’est une aventure rêvée. Un trompe l’oeil. La vision d’un père de bientôt 40 ans, adulescent, qui revisite son enfance et son adolescence à la lumière de la nostalgie et du fantasme, à la lumière du soleil du Brésil. Jouer avec le passé plutôt qu’imaginer l’avenir. Réinventer l’histoire avec un petit h pour fuir la réalité.

L’Aventura, c’est un nom qui résonne comme une évidence, à mi-chemin entre un film d’Antonioni et une chanson de Stone & Charden, à mi-chemin entre l’élégance et l’exigence d’un maestro et l’immédiateté d’une chanson populaire. Pour la première fois de sa carrière, Sébastien Tellier écrit l’intégralité de ses textes en français. Ces mots simples ont une force, celle d’exprimer sa pensée, comme ses notes qui parfois la dépassent. La noblesse de demain se crée avec la petitesse d’aujourd’hui. Le français semble avoir changé sa vision de la musique. Le texte compte. Vivre et faire

vivre une émotion à travers des paroles. A la poursuite de la profondeur, sans tabou, Sébastien Tellier se livre et se libère. Titre après titre. Ecriture pulsion. Lâcher prise.

Sébastien Tellier sait chanter. Gainsbourg n’est pas loin, comme un mur, figure tutélaire, Christophe comme un tremplin, qui lui laisse plus d’espace pour s’exprimer, Lucio Battisti, lui l’italien, qui lui a fait comprendre que chanter dans sa langue maternelle est possible.

L’Aventura, c’est un disque de rivages, un album ambitieux qui s’étire dans la longueur d’un éternel recommencement. Art naïf porté par une vision enfantine et sincère de la création. Un disque à rapprocher en de nombreux points de son précédent Sexuality. Mais la véritable passion de Sébastien Tellier pour la musique reste les accords et dans la musique brésilienne les accords sont complexes, riches, pleins de mystères. Cette musique le fascine et le comble. Elle l’aide à monter vers la joie alors qu’il se débat en plein enregistrement du froid My God is Blue. Le déclic final intervient quelques mois plus tard lors d’une tournée au Brésil. Pièces d’un puzzle qui s’imbriquent. Dans un taxi, en transfert entre un aéroport et un hôtel, bloqué dans le trafic, l’autoradio crachote de la funk psyché brésilienne des années 70. Sébastien Tellier a le cerveau en feu. Il comprend tout. La direction de son nouvel album est trouvée. Evident besoin de simplicité et de fluidité. Retour à Paris.

Au moment de transformer ses maquettes en chansons, Sébastien Tellier se tourne vers son directeur artistique de toujours, Marc Tessier du Cros. Le casting semble sans faute. Le talent réside aussi dans le fait de savoir s’entourer. Un nouveau batteur recruté après de longs mois de recherche, Johan Holmegard, des journées d’enregistrements chez CBE parce que la voix y croustille dans les aigus plus qu’ailleurs, un coup de fil à Jean Michel Jarre pour disposer de son studio, temple sacré aux mille et un synthés. Son complice John Kirby les dompte avec gourmandise dans un mélange de nuances à l’impact émotionnel vintage mais avec une sonorité d’aujourd’hui. Les prises de basse et de guitare, Sébastien Tellier les fait chez lui, au calme, avant de s’envoler pour le Brésil. Une évidence. Encore. Un nom s’est imposé pour les arrangements. Pertinents et aiguisés. Arthur Verocai, carioca véritable, auteur dans les années 70 d’un album éponyme, chef d’oeuvre du genre. Quinze journées à parcourir en sa compagnie les grands studios de Rio, orgie de cordes, de flûtes et de voix féminines, quinze journées partagées entre une fascination intense pour le personnage de Verocai et ses propositions artistiques magiques dont cette rencontre avec le percussionniste Robertinho Silva. Philippe Zdar (Cassius, Phoenix) sublime les dix titres de L’Aventura par sa science du mix. Solide et fascinant. Lui seul sait faire résonner la musique française à l’international.

Sébastien Tellier dit que l’enregistrement de L’Aventura a été le plus agréable de sa carrière. Que ce disque sonne exactement comme il l’a imaginé. On le croit. On l’entend. Le rôle d’un artiste est d’exposer son âme. Sébastien Tellier nous la livre, à nue, enfantine, amoureuse, sensuelle et sans phare. Elle s’appelle L’Aventura.