Requin Chagrin

REQUIN CHAGRIN - 1 - (c)Andrea Montano WEBSITE

Biographie

Marion Brunetto. Balance ascendant Balance. De quoi aimer les contrastes et les (dés)équilibres – en témoigne son nom de scène : Requin Chagrin, inspiré par cet animal marin devenu son totem. De l’eau a coulé sous les ponts depuis son arrivée à Paris, à peine majeure, et son apprentissage d’une dream pop mêlant rock californien, noisy-pop anglaise, héritière outsider des Yé-yé : une musique anglo-saxonne explorée de manière unique en France. En témoigne le premier single, Déjà Vu, dont le clip réalisé par Antoine Carlier reflète l’énergie à la fois synthétique et onirique. Et ce riff de clavier qui emporte tout sur son passage.

 

Comme d’habitude, Marion joue de tout, toute seule : synthétiseur, basse, guitare, batterie. Elle incarne une self made woman à l’aube de sa trentaine, qui s’aventure davantage dans l’introspection, puisant son inspiration dans ses rêves, ses voyages, ses amis. Qui ne s’embarrasse guère des limites frontalières du genre, n’hésitant pas à s’approprier le masculin dans « Fou » ou « Roi du silence ».

Après la révélation du premier album, Requin Chagrin, en 2015, puis la confirmation du second, Sémaphore (2019) Marion Brunetto a été confrontée à la multitude d’options que peut représenter un troisième disque. Plutôt que de choisir dès le début, elle a exploré, des mois et des mois, des sons, des idées, des mots. On retrouve sa mélancolie, ses sensations planantes, mais également l’affirmation de soi, soulignée par des batteries frondeuses. Les textes comme la musique prennent moins de détours. L’ambition artistique ?  Partir d’une dream pop pour l’affiner avec les réverbes du rock’n’roll, des échos des eighties, assouvir un besoin de lumière. Et, surtout, s’abandonner à son addiction assumée : le matériel instrumental.

Ainsi, toute occasion a été bonne pour tester un synthétiseur ici, en emprunter un là, tâter et repincer des cordes de guitare. Chez Requin Chagrin, une chanson est une quête, et tout moyen est bon pour y parvenir. Avec sa seule volonté mais aussi le soutien de son entourage, de Nicola Sirkis, qui l’a signé sur son label KMS, à Chab (Daft Punk, AIR, Sebastian) pour le mastering. S’est aussi distingué l’ingénieur du son Ash Workman (Christine & The Queen, Metronomy, Veronica Falls) qui, de sa ville anglaise de Margate, a musclé une compression sonore échappant néanmoins à toute agressivité : l’énergie renouvelée de Marion a été saisie tout au long de son travail sur les dix pistes de BYE BYE BABY.

 

Débuté peu avant le confinement, terminé lors d’un enregistrement aux prestigieux studios bruxellois ICP, à la fin de l’été 2020, BYE BYE BABY témoigne de l’intériorité d’une artiste qui veut s’exprimer sur ce qu’elle est tout en racontant le monde autour d’elle. Elle a délaissé son enregistreur à cassettes pour celui à bandes (un Fostex A8 LR), une méthode qui a influé sur la composition des titres et offert autant de contraintes que de possibilités. Elle reste influencée par Beach House, Molly Nilsson, Exploded View, Pale Saints, The Proper Ornaments,  Cigarettes After Sex, John Maus, le label Italians Do It Better, les démos de synthés et pédales d’effets vintages, Kate Bush, et les Cocteau Twins, auxquels elle reste religieusement fidèle.

En dépit d’une ouverture baptisée « Première vague », et qui pourrait laisser croire qu’elle cultive encore le champ lexical de la mer, c’est du côté de la terre comme des étoiles qu’il faut chercher le sens des chansons de BYE BYE BABY. Et le réinventer à sa guise.