Andrew Bird

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Biographie

« Il faut être extraordinairement sûr de son fait pour se risquer à intituler son disque Mon plus bel ouvrage à ce jour, qui plus est en posant sur une pochette qui revisite la célèbre toile de David, La Mort de Marat (1793). Heureusement, le songwriter américain Andrew Bird a réussi son coup. Ce multi-instrumentiste (et merveilleux siffleur) n’a pourtant plus rien à prouver, fort d’une quinzaine d’albums solo raffinés, dont le précédent Are You Serious(2016) plaçait déjà la barre haut. Si musicalement, ces dix nouvelles compositions exhalent un parfum gospel-jazz des années 1960, produit en prise directe par Paul Butler (Michael Kiwanuka, Devendra Banhart…), les paroles tranchent par une vision critique de notre époque – le mélancolique Bloodless, chanson matrice de l’album, a été écrit après l’élection de Donald Trump. Cela n’empêche pas l’oiseau Bird de défier toute pesanteur grâce à ses mélodies charmeuses. » Franck Colombani, Le Monde

 

« Mon plus beau travail jusque-là est mon plus beau travail jusque-là, » dit Andrew Bird.

My Finest Work YetMon plus beau travail jusque-là, donc — dévoile un Bird en train de se débattre avec des thèmes en rapport avec les dichotomies actuelles… et comment identifier une boussole morale au milieu d’une époque tellement conflictuelle. « Ce qui m’intéresse est l’idée que nos ennemis sont ce qui nous rend entiers — il y a une intimité que l’on partage avec son adversaire quand on est verrouillé dans une lutte pareille. Et si l’on s’en allait tout simplement? On manquerait à son ennemi? On en est là comment? Et puisque nous en sommes conscients, comment peut-on s’extirper, peut-être, de cette spirale de la mort? » Bird se pose la question.

D’un point de vue compositionnel, il aborde ses sujets avec une approche plus directe que celle de ses albums précédents. En prenant plus de risques, dans les textes et dans l’enregistrement. Bird et son groupe enregistrent tout ‘live’, sans casque ni séparation, créant un son où tous les instruments s’entremêlent dans les micros de chacun. Sur cette nouvelle musique, la réflexion de Bird est la suivante, « Il y a un certain optimisme dans ce disque… musicalement il est positif et joyeux, mais dans les textes il ne met pas de gants. Pas du tout. »

Réalisé par Paul Butler, My Finest Work Yet a été enregistré en Californie aux studios Barefoot Recordings à Los Angeles.

Le nouveau single Sisyphus prend son nom du roi grec puni par Zeus pour avoir essayé d’être plus malin que les dieux et ainsi tromper la mort. Bird explique, “Ce morceau nous parle de l’addiction, de cette dépendance de notre propre souffrance. Quand on laisse le rock rouler, il y a des conséquences morales. » Son single précédent, Bloodless, publié en novembre en même temps que le clip officiel du titre (réalisé par Matthew Daniel Siskin), se trouve également dans le nouvel album — à regarder/partager ici. A propos de Bloodless, écrit après les présidentielles en 2016, Bird déclare, “Ce titre a toujours constitué une matrice pour le reste de l’album. Il m’a fallu du temps pour prendre du recul avant de demander, ‘Qu’est que je peux dire d’utile?’ J’ai le sentiment que si je dois contribuer à quoi que ce soit, il faut que cela vienne d’une perspective qu’on n’a pas encore envisagée. »

Multi-instrumentiste, chanteur et siffleur, Andrew Bird est un auteur-compositeur de renommée mondiale. Il apprend à jouer du violon à quatre ans, et passe ses années formatrices à s’imbiber du répertoire classique en jouant entièrement à l’oreille.