Nick Mulvey

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Biographie

Une plage du Honduras pendant l’été 2010, pour Nick Mulvey, ce jour-là, ça passe ou ça casse. Il venait d’annoncer aux membres de son groupe, Portico Quartet, qu’il avait besoin de ce break de deux semaines pour décider s’il les quittait définitivement. Entouré d’étrangers, il se saisit d’une guitare acoustique et se met à chanter.

« Je savais que je ne reverrais probablement jamais tous ces gens, et qu’ils ne comprenaient sans doute pas bien l’anglais. J’ai donc décidé de murmurer des paroles, tranquillement, et soudainement tout m’est apparu, toutes ces nouvelles chansons. »

Pour cet auteur de 28 ans, dont l’écriture avait déjà influencé les Alt-J, lauréats d’un Mercury Prize (ils avaient cité ‘Knee-deep in the North Sea’ dans leur titre jazz « Dissolve Me »), reprendre la guitare était comme un retour aux sources après cinq ans passés à exceller dans l’art du hang (instrument de percussion suisse datant du début des années 2000). Une espèce d’alien d’acier tout droit sorti de ‘la Guerre des mondes’ qui livre un bruit chaud et métallique, un son qui a valu à Portico Quartet la nomination aux Mercury la plus accessible pour un album de jazz ces dernières années. Leur premier album, ‘Knee-deep in the North Sea’, était nominé aux côtés d’Elbow, Radiohead et Adele en 2008, et a entraîné une tournée majeure pendant des années pour le groupe.
Mulvey a décidé de quitter Portico Quartet en plein milieu de cette longue tournée, mais ils restent amis, Duncan Bellamy, batteur du groupe, s’étant même occupé de l’artwork de l’EP ‘Fever to the Form’ de Mulvey, transformant la partition d’une guitare en un chemin de blocs sombres.
Il ne s’est pas précipité dans cette liberté acoustique retrouvée
Pendant les six premiers mois de sa « carrière » en solo, il a délibérément évité les gens de la musique. « Tout ce que je voulais, c’était jouer de mon instrument chaque jour, seul, et étudier mes idoles. » Il a également pas mal tourné, assurant les premières parties de Laura Mvula, Rodrigo y Gabriella, et Lianne La Havas.
On peut reconnaître la beauté épurée de la musique de Nick Drake (« Pour moi c’est le patron, un truc réductionniste, une musique qui va à l’essentiel »), un sens réel de l’aventure proche de Steve Reich, et la complexité du jeu de guitare, cette façon de pincer les cordes, de John Martyn. C’est difficile de cerner, mais enrichissant d’écouter. Mulvey a écouté des titres en boucle, comme le « Jealous Guy » de John Lennon ou le « When the Doves Cry » de Prince, en les disséquant pour comprendre leur complexité.

Ensuite c’est du temps passé en studio avec les producteurs Dan Carey (Bat For Lashes) et Charlie Andrew (Alt-J) et un premier EP porté par le single « Fever to the Form », clairement le titre le plus simple mais le plus important pour Mulvey, puisque le premier achevé après son départ de Portico Quartet. « C’était vraiment un tournant. Le début fait « So whether music or madness/I live by one of the two ». C’est comme ça que je ressentais le choix entre le groupe et ma propre musique. »

On pourrait penser que Nick Mulvey repart à zéro, mais il assure que tout est connecté. « Même s’il y a une différence en surface avec ce que je faisais avec Portico Quartet, c’est pareil pour moi. Je fais les mêmes choses sur ma guitare que sur mon hang. Tout ça, ce n’est que de la répétition, de la musique hypnotique, du groove. Sur cet album, ce groove se fond avec les chansons. »